Un prophète n’est pas honoré dans sa propre patrie
Versets de méditation: Jean 4 : 43-44 <<Après ces deux jours, Jésus partit de là, pour se rendre en Galilée ; car il avait déclaré lui-même qu’un prophète n’est pas honoré dans sa propre patrie.>>
Bien-aimés dans le Seigneur, nous vous prions de recevoir nos salutations dans le beau et précieux nom de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ !
Issu du latin Honos, l’honneur est une notion complexe et subjective qui renvoie à la valeur morale que l’on s’attribue ou que l’on reconnait aux autres. C’est un sentiment d’estime et de considération porté à un individu ayant une conduite digne, méritante, conforme à un certain nombre de normes d’un groupe ou d’une société. C’est un lien entre une personne et un groupe social qui lui donne son identité et lui confère le respect. L’honneur est donc lié à des principes, des devoirs, des engagements, des vertus ou encore à la réputation. Elle est donc une notion riche et diverse, qui varie selon les époques, les cultures, les situations, et les individus. Elle se gagne par des actes admirés par la collectivité. De ce fait, l’honneur est un attribut collectif se distinguant de la vertu qui est un attribut individuel.
L’apôtre Jean, dans sa narration de la rencontre entre Jésus et la femme Samaritaine a rappelé l’une des paroles de Jésus et justifie le fait que Jésus soit resté seulement deux jours en Samarie. Sa courte durée dans cette ville se justifie par le fait que lui-même avait fait remarquer qu’aucun prophète n’est honoré dans sa propre patrie. Suivons le récit relaté par l’évangéliste Marc à cet effet. Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent. Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de gens qui l’entendirent étaient étonnés et disaient : D’où lui viennent ces choses ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains ? N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? et ses soeurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. Il ne put faire là aucun miracle, si ce n’est qu’il imposa les mains à quelques malades et les guérit. Et il s’étonnait de leur incrédulité. Jésus parcourait les villages d’alentour, en enseignant. (Marc 6 : 1-6). Mais pourquoi au lieu d’honorer les prophètes qui sont au milieu de nous, nous préférons les autres ? Pourquoi un prophète n’est ni honoré dans sa famille, parmi ses parents, dans sa maison ? C’est simplement parce que tous se concentrent sur son passé, son entourage, ses relations et non sur ce qu’il transmet. Dans ce récit, au lieu d’écouter le message prêché par Jésus, ceux qui l’ont vu grandir se sont plutôt focaliser sur ce qu’ils ont vu et connu de Lui : ‘’il est charpentier, fils de Marie, frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ; ses soeurs sont ici parmi nous’’. Vous voyez qu’ils ne pouvaient rien recevoir de Lui comme enseignement ?
En d’autres termes, il est difficile d’être reconnu et écouté par ceux qui nous connaissent le mieux, car ils ont du mal à accepter une nouvelle dimension ou une autorité chez une personne familière, préférant la voir telle qu’elle a toujours été. Ce rejet s’explique par la familiarité qui empêche de percevoir l’extraordinaire, le manque de foi des proches face à une nouvelle identité et la tendance à rester figé dans des étiquettes préétablies, rendant difficile l’acceptation d’un message perçu comme une remise en cause. Plusieurs raisons expliquent et justifient la production de ce phénomène :
• L’habitude et la mémoire : Les proches se souviennent de la personne comme d’un enfant, d’un artisan, d’un membre de la famille, et non comme d’une figure d’autorité spirituelle ;
• Le manque de foi : Il est plus difficile d’avoir foi en une transformation radicale chez quelqu’un que l’on connaît intimement, comme ce fut le cas de Jésus qui a vécu à Nazareth ;
• La peur du changement : Une nouvelle parole ou un nouveau statut bouscule les certitudes et l’ordre établi, ce qui peut faire peur et provoquer le rejet ;
• Le poids des préjugés : Les gens ont du mal à voir au-delà des rôles et des apparences habituelles, ce qui les empêche de percevoir la richesse cachée ou le message prophétique.
Il est difficile, voire impossible qu’une personne qui a rencontré le Seigneur et qui a été transformée par Lui soit acceptée comme une nouvelle créature par ses proches, par ses camarades d’enfance… J’ai un ancien camarade qui est devenu prophète par la suite. Nous appartenions au même forum : celui des anciens élèves de mon Lycée. Mais après un temps dans notre forum, il était obligé de quitter le groupe car les autres camarades n’arrivaient pas à l’honorer comme serviteur de l’Eternel. Ils continuaient à voir en lui la personne qu’il était lorsque nous étions au Lycée. De même, il vous suffit aujourd’hui de regarder autour de vous pour observer ce phénomène : combien de documents écrits par les hommes de Dieu de notre pays nous achetons et lisons ? Mais curieusement, nous nous adonnons à la lecture frénétique des ouvrages de ceux dont nous ne connaissons ni le passé ni la transformation que le Seigneur a réellement opérée dans leur vie. Enfin, organisez par exemple une campagne d’évangélisation dans votre région et voyez combien de personnes vont s’intéresser à cela. Mais si c’est un étranger qui vient comme orateur principal pour une campagne d’évangélisation, regardez la foule qu’il draine. Le monde préfère honorer l’étranger que le fils de la maison. Pouvons-nous un jour changer ce paradigme ? Bien malin qui pourra le dire.
Bonne méditation !
🅿rière: Seigneur, donne-nous la grâce d’honorer au milieu de nous les personnes que tu as élevées en dignité comme Apôtres, Prophètes, Evangélistes, Pasteurs (bergers) et Docteurs (enseignant). Nous Te le demandons au nom du Seigneur Jésus. Amen
Excellente journée à toutes et à tous.
Gratien AGAI
